Recevoir est un art ancien. Nous l'exercons avec la meme rigueur qu'en
cuisine etoilee et la meme chaleur qu'au repas de famille. Chaque
evenement commence par une conversation : celle des maries,
des hotes, du lieu. De cette ecoute naissent une carte, un
ordonnancement, une signature.
Nos plats suivent les saisons picardes. Les legumes viennent des
maraichers de la vallee du Therain, les volailles des fermes de
Licques, les fromages de la ferme de Marquetz. Nous preparons tout en
laboratoire le matin meme, transportons en chambres froides, dressons
sur place. Rien n'est industrialise.
Un mariage n'est pas un service : c'est une mise en scene ou la
cuisine est l'actrice principale.
La brigade est formee, souvent issue de maisons etoilees — Pic,
Marcon, Bras. Les maitres d'hotel, eux, sont stylistes de salle :
ordonnance des passages, coordination avec le DJ, precision des
temps de service. Rien ne doit sembler laborieux ; tout doit
paraitre evident.
Nous preparons aussi bien un diner intime de douze couverts dans une
longere beauvaisienne qu'un cocktail de trois cents personnes dans
un chateau de l'Oise. Le principe reste le meme : produit juste,
geste precis, silence du service.